L’UM6P veut tirer la recherche vers le haut

Elle est jeune mais ses ambitions sont grandes. L’Université Mohammed VI Polytechnique, lancée en 2017, entend se positionner en locomotive de la recherche et de l’innovation au Maroc et même en Afrique. Aujourd’hui elle partage son expertise e-learning avec les universités publiques. Elle participe également au lancement d’un fonds R&D qui financera des projets dans des secteurs stratégiques pour le Maroc. Son secrétaire général, Hicham El Habti, nous en livre les détails.

-  Votre partenariat avec l’Enseignement supérieur prévoit un fonds pour la recherche appliquée. A quelle hauteur sera-t-il financé et qui pourrait en bénéficier?

- Hicham El Habti: Les détails sont en cours de finalisation. Une convention spécifique sera signée incessamment. Le fonds, qui procèdera par appels à projets, sera destiné à l’ensemble des chercheurs des universités et centres de recherche. Il sera alimenté par des contributions financières de la Fondation OCP, du ministère de l’Education nationale et des universités. Les axes de recherche choisis sont au cœur de l’actualité: biotechnologies, agriculture intelligente, énergies renouvelables, gestion durable des richesses minières, sciences de la santé, eau, nanomatériaux...

- Un Centre national de digitalisation et d’enseignement à distance est également au menu. Quelle sera sa mission?
- Des efforts considérables ont été consentis en enseignement à distance durant la crise, et des savoir-faire ont été développés pendant cette courte période. L’idée est d’aller encore plus loin dans le domaine, à travers ce centre qui sera basé à l’UM6P tout en étant connecté à l’ensemble des universités publiques. Il sera question de définir une stratégie marocaine pour l’enseignement supérieur à distance, de mettre en place un réseau e-learning pour partager les meilleures pratiques et d’aménager des studios d’enregistrement et plateformes IT. Une nouvelle ingénierie pédagogique et des formations des intervenants sont nécessaires pour accompagner tout ceci. L’objectif étant de produire un contenu de qualité permettant à l’ensemble des étudiants d’accéder à une offre pédagogique de haut niveau.

- L’UM6P a-t-elle développé une expertise dans le domaine?    
- Dès sa naissance, le digital est au cœur de son approche pédagogique. L’UM6P dispose de quatre studios d’enregistrement dernier cri. Des partenariats ont également été noués avec des institutions connues pour leur expérience en enseignement digital, à l’instar de l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) et du MIT.
Nous avons commencé à digitaliser le parcours des classes prépas il y a plus d’un an, avec une nouvelle approche pédagogique consistant à transformer le parcours de deux ans en capsules de 6 à 7 minutes. Un véritable défi. Ceci nous a permis de créer une plateforme, «prepadigitale.com», mise à la disposition des étudiants des classes prépas, afin de leur assurer une continuité pédagogique et de les aider à préparer les concours qui ont démarré cette semaine.
L’UM6P fait, par ailleurs, partie du réseau d’une plateforme de MOOC, edX, développée par Columbia, le MIT et Harvard. Nous avons été l’une des premières universités africaines à y adhérer. 

- En trois ans d’existence, quelles ont été les principales innovations de l’UM6P?
- Sur la partie éducation, nous avons opté pour une approche de learning by doing. Nous sommes passés d’une méthode hypothéticodéductive à une démarche inductive.
L’étudiant est plongé dans des problèmes qu’il résout lui-même pour ensuite en tirer des apprentissages. Nous y procédons particulièrement en électronique, où l’étudiant ne reçoit pas de cours théoriques, mais un cahier des charges. Il lui est par exemple demandé, dans le cadre d’un travail de groupe, de fabriquer en 6 mois un robot avec des caractéristiques techniques précises. Il est plongé dans ce projet même s’il n’a jamais vu cela de sa vie. Evidemment, il échoue souvent. Cela permet de démystifier l’échec. En parallèle, il apprend à apprendre et acquiert définitivement ces connaissances qu’il a passé six mois à assimiler en essayant de trouver des solutions.

- C’est un peu à l’image de la méthode de l’école 1337…
- En effet, sauf qu’à 1337 nous avons poussé l’innovation plus loin, puisque l’école n’a pas de profs, son modèle est basé sur le peer learning, ainsi que sur la gamification.  
Au niveau de la recherche, nous avons misé sur des sites d’expérimentation à échelle réelle. Au-delà de la recherche fondamentale, nous poussons nos chercheurs à s’investir dans la recherche appliquée, afin de répondre à des questions pratiques. Pour cela, ils doivent sortir de leur laboratoire. Par exemple, nos chercheurs en agriculture travaillent avec les fermiers de la province de Rhamna, et notre école d’architecture avec la ville de Benguerir. Nous sommes très liés aux territoires, et nous demandons à nos chercheurs d’être connectés aux questions qui ont un intérêt pour la communauté. Nous les invitons, par ailleurs, à devenir des chercheurs-entrepreneurs et à industrialiser leurs trouvailles.

- Quels sont vos objectifs R&D?
-  Le temps de la recherche est long. Il faut d’abord constituer une masse critique. Nous sommes sur la bonne voie, nous comptons une centaine d’enseignants-chercheurs et bientôt 200 doctorants travaillant sur des sujets divers, tels que l’intelligence collective, l’eau, les mines, l’agriculture, les sciences sociales, les sciences cognitives… L’an dernier, nous avons remporté le prix de la meilleure jeune université en termes de recherche d’impact. Notre objectif est d’être une université reconnue par la qualité de sa recherche au Maroc et en Afrique.

Source: leconomiste.com

Publié le : 28/06/2020

Formations

Master Design

Master - Fes,UNIVERSITE EUROMED DE FES

Systèmes mécaniques et modélisation

Licence - Casablanca,Université internationale de Casablanca

BAC+3 en journaliste et communication

Autre diplôme Bac+3 - Casablanca,ESJC

Business Manager BAC+4

Master - Casablanca,ESCA
Afficher toutes les formations

Ecole à la une