Écoles communautaires : une initiative pour sauver le monde rural

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Ecoles communautaires une initiative pour sauver le monde rural  

Elles ont été lancées via le programme d’urgence pour pallier les écoles satellites

Regrouper les élèves d’une même commune au sein d’écoles avec internat et transport scolaire

Sur un objectif de 300 établissements, à peine 120 unités créées

Généraliser et améliorer la qualité de l’enseignement dans le monde rural figure toujours parmi les grands défis à relever par les responsables du ministère de l’Education. Dans ces zones reculées et marginalisées, la scolarité des enfants notamment des filles pose un sérieux problème eu égard à plusieurs facteurs. Il y a la situation de la majorité des familles marquée par  la pauvreté et l’analphabétisme des parents. A cela s’ajoute l’absence d’école facilement accessible aux élèves avec des structures attrayantes. L’offre scolaire dans l’urbain, avec une forte densité de population, est un modèle difficilement transposable.

Dans les communes rurales, les douars sont éparpillés et les moyens de transport rares, ce qui complique l'intégration de la majorité des enfants, au système scolaire. Une telle situation a favorisé la dégradation des indicateurs de scolarisation des enfants du monde rural notamment pour les filles: faible taux de scolarisation, déperdition, abandon… sans oublier la grande problématique de la qualité de l'apprentissage. Pallier ces déficits figurait alors parmi les ambitions de la Charte nationale de l’éducation et la formation lancée en 2000.

Sauf qu'une décennie plus tard, force était de constater que, les résultats de cette initiative, pourtant ambitieuse sur le papier, restaient décevants. Devant un tel échec, les autorités ont proposé, à travers le programme d’urgence 2009-2012, de nouvelles actions qui permettraient d'atteindre un taux de scolarisation de 95% dans chaque commune. Pour y parvenir, un programme de construction d’écoles a été lancé avec pour objectif  la mise en place de 2.500 classes supplémentaires entre 2009-2012, majoritairement en milieu rural (1.700 salles). Dans la même veine, une autre approche a été adoptée consistant à abandonner progressivement le modèle des écoles satellites au profit d’un nouveau modèle, celui des écoles communautaires.

Le principe de ce nouveau modèle repose sur le regroupement des élèves d’une même commune au sein d’écoles dotées en particulier d’internats et de transport scolaire. Ce modèle a pour objectif d’améliorer les conditions d’enseignement dans le monde rural, rappelle notre source. Sur le plan du fonctionnement, il s'agit de fédérer plusieurs écoles satellites d’une commune au sein d’une seule école communautaire, avec à la clé la mutualisation des moyens financiers et l'optimisation des RH, une lacune dont souffre le système scolaire même dans les villes.

L'autre souci avec les écoles satellites, est que l'on se retrouve souvent avec quelques classes à plusieurs niveaux avec près d’une dizaine d’élèves par niveau. Grâce au concept des écoles communautaires, on consacre un seul niveau d’enseignement à une classe. Depuis son lancement avec le programme d’urgence, où en est cette expérience des écoles communautaires? Selon les promoteurs de ce projet, l’objectif était la création de 300 établissements. A la rentrée 2016-2017, l'objectif était encore loin à atteindre avec à peine quelque 120 écoles communautaires ouvertes dans 10 régions du pays.

Le nombre total des élèves bénéficiaires s’élève à 29.251 enfants dont 46% des filles avec un staff d’encadrement composé de 950 enseignants. Répartition par région, celle de l’Oriental qui arrive en tête avec 26 établissements et un nombre d’élèves dépassant les 6.000 enfants. En termes de bénéficiaires, la région de Rabat-Salé-Kénitra arrive en deuxième position (4.550 élèves) suivie de celle de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

 

Publié le : 25/01/2017